Lancée en 2011, la journée mondiale des mobilités et de l’accessibilité a pour objectif d’informer, de sensibiliser et de faire évoluer les regards du grand public sur les problématiques comme l’accessibilité de la voirie, aux transports, aux lieux et espaces dédiés à la santé ou encore l’accès à son logement. Cette journée de sensibilisation s’est déroulé ce samedi 30 avril 2022.

Zoom sur cette journée mondiale de l’accessibilité et de la mobilité.

Comment définir l’accessibilité ?

L’accessibilité permet l’autonomie et la participation des personnes ayant un handicap, en réduisant, voire en supprimant, les discordances entre les capacités, les besoins et les souhaits d’une part, et les différentes composantes physiques, organisationnelles et culturelles de leur environnement d’autre part. L’accessibilité, est la base de toute société inclusive. Un lieu accessible pour tous, qu’il soit réel ou virtuel, est un lieu qui permet d’accueillir tout le monde sans distinction de handicap, de taille, d’origine, ou de troubles.

En France, 12 millions de personnes sont porteuses d’un handicap, soit 18 % de la population française. Parmi elles, 80 % sont porteuses d’un handicap invisible.* Ignorer cette part de la population serait inconcevable. C’est pourquoi la loi de 2005 pour “l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées”, prévoit que tout Établissement Recevant du Public (ERP) soit accessible à tous.

Il ne faut pas oublier que l’accessibilité ne concerne pas uniquement les personnes en situation de handicap. Il s’agit de construire une société qui tient compte des besoins de tous : personne en situation de handicap moteur, parents avec une poussette, personnes âgées se déplaçant avec une canne, femmes enceintes, personne porteuse d’un plâtre… L’idée est que tout le monde puisse avoir accès à tout, sans distinction.

Les différents types d’accessibilité

L’accessibilité motrice

Concernant les troubles du mouvement, le handicap ne se trouve pas seulement dans la paralysie ou la perte d’un membre. Certains handicaps induisent des mouvements incontrôlés ou un manque de précision. Dans le cas d’un handicap moteur, les Établissement Recevant du Public prévoient en général une rampe ou un ascenseur pour faciliter l’accès aux personnes en fauteuil roulant.

L’accessibilité sensorielle

Pour les personnes malvoyantes ou aveugles, les bâtiments prévoient des traces à suivre au sol à l’aide de canne pour malvoyants, depuis l’extérieur et jusque devant les salles. D’autres dispositifs comme des écritures en braille, des poteaux ou une vitrophanie spéciale peuvent être mis en place.

Les troubles de l’ouïe touchent les personnes sourdes, et malentendantes. À ces personnes, il est utile de proposer des sous-titres par exemple, dans le cas d’écoute d’un fichier audio. Un outil de communication intéressant est la boucle à induction magnétique (BIM) qui permet à une personne malentendante de vous comprendre malgré le bruit ou la distance.

L’accessibilité numérique

Aujourd’hui, grâce aux avancées technologiques, tout le monde peut avoir un accès internet. Malheureusement, tous les sites web ne prévoient pas une accessibilité pour les personnes porteuses de handicap. Dans le cas d’un handicap moteur, il peut y avoir un manque de précision dans les mouvements de la main, rendant l’utilisation de la souris compliquée. Les troubles de la vue touchent les personnes malvoyantes, aveugles, daltoniennes. Pour que ces personnes puissent avoir accès aux mêmes sites que tout le monde, des logiciels sont mis en place sur les ordinateurs et sur les navigateurs. Il est donc possible d’agrandir le texte, comme avec une loupe. Et si les besoins sont plus spécifiques, des logiciels peuvent lire le texte à voix haute. 

L’accessibilité numérique, ce n’est pas “un site accessible aux personnes handicapées” mais plutôt “un site accessible à tous”, que l’on soit porteur de handicap, étranger débutant dans la langue française, ou encore porteur d’un trouble de l’attention. L’égalité, c’est donner les mêmes choses à tout le monde, sans distinction des besoins. L’équité, c’est donner des solutions adaptées aux besoins de chacun pour rétablir une égalité n’existant pas à la base. L’inclusion, c’est construire une société pensée pour prévenir et anticiper les besoins de chacun, afin que personne ne soit lésé du fait d’un besoin spécifique.

L’accessibilité pour tous n’est pas qu’un coût et ne se réduit pas à une réglementation ni à des infrastructures, des équipements ou des prestations… Elle n’est pas non plus la compensation d’un handicap. Elle est avant tout une vision de la société et du vivre ensemble. Elle se construit sur les territoires et évolue dans le partage de valeurs et la coopération entre différents acteurs. Changer de paradigme : Considérons l’accessibilité pour toutes les personnes à mobilité réduite, non pas sous l’angle d’un handicap à compenser mais comme un service à proposer.


Quitterie Ribettes – Conseillère client  

Diplômée en sciences du langage, Quitterie Ribettes a la passion de la langue française et la cultive avec éclectisme. Chez Deafi, elle oriente par courriel des entreprises franciliennes éligibles aux aides financières octroyées en soutien contre la covid 19. 

Danielle Zennadi – Conseillère client